Mon parcours

Un parcours au service de l'État, des Françaises et des Français.

Bernard Cazeneuve sur le terrain, à l'écoute des acteurs économiques

Chapitre I

Mes racines, ma conception de la République

J'ai été élevé dans une famille de professeurs, profondément attachés à la laïcité et à la transmission par l'école des valeurs républicaines. La République n'a jamais constitué pour moi un mot abstrait. Elle s'est très vite affirmée comme une grande ambition politique à laquelle l'école, le travail, et une certaine conception des services publics donnaient de solides fondements. C'est à gauche, que mon engagement politique est né et c'est dans une ville ouvrière et maritime, Cherbourg, dans le Cotentin, que j'ai été élu maire puis député. Pendant plus de 20 ans, j'y ai défendu l'emploi industriel, accompagné les grands chantiers de construction navale, soutenu la filière nucléaire et les savoir-faire de l'arsenal. J'ai ouvert un grand chantier de modernisation de la ville, sans la couper de son histoire populaire, en renforçant les équipements publics, en donnant de l'élan aux politiques culturelles, éducatives, en favorisant l'accès au sport et à la vie associative.

Comme député de la Manche, j'ai voulu faire entendre la voix d'un territoire souvent éloigné des centres de décision, défendre ses salariés, ses élus locaux, ses infrastructures, ses services publics. J'ai toujours pensé que la gauche devait parler à celles et ceux qui travaillent, qui produisent, qui transmettent, qui tiennent le pays debout.

Bernard Cazeneuve en échange, lors d'une rencontre de proximité

Au Gouvernement, j'ai exercé des responsabilités difficiles. Aux Affaires européennes d'abord puis au Budget, j'ai mis en œuvre activement la stratégie de redressement des comptes publics et amplifier la lutte contre la fraude fiscale, en obtenant le retour des avoirs placés à l'étranger. Au ministère de l'Intérieur, dans les moments tragiques que notre pays a connus, j'ai eu pour responsabilité de protéger les Français, de soutenir nos forces de sécurité, de faire respecter l'État de droit pour que la République demeure debout face au terrorisme. À Matignon, j'ai servi avec la même ambition : préparer la France de demain et l'avenir de ses enfants.

A gauche, je me situe donc par mon histoire, par mes combats, par mon attachement à l'école publique, à la laïcité, au travail, à la justice sociale, aux services publics et à la lutte pour l'égalité. Mais je n'ai jamais pensé que la gauche devait se réduire à un camp retranché, renfermé sur lui-même. J'ai toujours travaillé, notamment pendant la crise terroriste, avec des communistes, des écologistes, des socialistes, des radicaux des deux rives, des républicains de droite et de gauche, des démocrates-chrétiens, dès lors que l'intérêt général l'exigeait.

Rassembler n'est pas se renier. C'est au contraire prendre au sérieux la France telle qu'elle est : diverse, exigeante, attachée à la justice mais aussi à l'ordre républicain et à la liberté. C'est préparer son avenir face au défi climatique, au bouleversement technologique majeur de l'IA comme au retournement démographique à l'œuvre. C'est enfin garantir notre modèle social et favoriser l'innovation et la création de richesses et d'activités en France pour assurer l'avenir des générations à venir.

Avec vous, je veux continuer pour faire avec passion la France ensemble !

Chapitre II

Ma formation, une profession indépendante

Je suis né en 1963 dans l'Oise, à Senlis. J'ai été scolarisé à Creil, cette ville où convergeaient, dans les quartiers d'habitat social, des populations modestes et le plus souvent désœuvrées : des ouvriers qui travaillaient dur dans les usines chimiques de Montataire pour de faibles salaires, des travailleurs immigrés arrivés après la décolonisation et des rapatriés d'Algérie. Juifs, musulmans, catholiques, athées, tous partageaient la même condition sociale. C'est là que mon père a été nommé pour y enseigner en écoles primaires, après 1962.

J'ai grandi dans une famille de hussards noirs, dont l'éducation m'a profondément marqué : elle m'a appris que l'école devait être le lieu de l'émancipation, de l'égalité et du respect de chacun et de l'apprentissage du vivre ensemble.

Dans les années soixante-dix, les combats pour la reconnaissance des droits des femmes, pour l'abolition de la peine de mort, contre les discriminations — puisaient à la source d'une conception élevée de la civilisation humaine. J'ai été formé dans une famille où les principes de l'État de droit étaient considérés comme indissociables de la démocratie.

De cet héritage, j'ai tiré une conviction politique profonde : la République n'a de sens que si elle protège, si elle élève, si elle améliore concrètement la vie de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Mon engagement a toujours été guidé par cette exigence de progrès social : représenter les plus fragiles, défendre les salariés, soutenir les classes populaires et moyennes, permettre à chacun de vivre dignement de son travail.

On ne vient jamais de rien. Il n'y a pas d'ancien monde à renier ni de nouvelle France à inventer de toutes pièces : il y a une chaîne de passions et d'engagements dans laquelle chacun s'inscrit. Je pense souvent à Jean Jaurès, à cette voix qui sut unir la République, la justice sociale et la paix. Je pense à Léon Blum, à cette figure qui sut conjuguer le progrès social le plus exigeant et une intégrité morale inentamée. C'est de cette gauche-là dont je me sens l'héritier : une gauche qui ne sépare jamais la justice sociale de la dignité personnelle ni la réforme, du respect dû à chacun.

J'ai fait toute ma scolarité à Creil, dans l'Oise, à l'école Descartes, au collège Havez, puis au lycée Jules-Uhry. J'ai ensuite été admis à l'Institut d'études politiques de Bordeaux, dont je suis diplômé.

Après Matignon et cinq années de responsabilités ministérielles, j'ai repris mon activité d'avocat.

Chapitre III

Mon enracinement local et l'expérience de l'État

Avant d'exercer des responsabilités nationales, j'ai été un élu local. Maire d'Octeville puis de Cherbourg-Octeville, j'ai connu la réalité quotidienne des communes, la responsabilité de l'action publique de proximité et le dialogue permanent avec les habitants. Cet enracinement local demeure au cœur de ma conception de l'État : un État qui respecte les territoires, accompagne les élus et tient ses engagements.

Bernard Cazeneuve aux côtés de représentants, rencontre politique

J'ai exercé plusieurs responsabilités ministérielles : ministre délégué chargé des Affaires européennes, ministre délégué chargé du Budget, ministre de l'Intérieur puis Premier ministre, j'ai servi l'État dans des périodes exigeantes, avec le souci constant de la continuité républicaine, de la rigueur et de l'intérêt général.

Dans l'exercice de ces fonctions, j'ai souvent eu en tête la figure de Pierre Mendès France, sa manière d'unir la parole publique et la vérité, le courage des décisions difficiles et le respect du Parlement. « Gouverner, c'est choisir », rappelait-il : choisir, c'était aussi dire la vérité aux Français, refuser les facilités du moment, et mesurer chaque acte à l'aune de l'intérêt national. C'est cette ligne, faite de sérieux, de probité et de fidélité républicaine, que j'ai cherché à tenir à chaque étape.

Bibliographie

Mes publications

  1. 1993

    Première manche : Chronique politique et littéraire

    préface d'Erik Orsenna, Isoète, 126 p.

  2. 1994

    La Politique retrouvée

    Isoète, 118 p.

  3. 2004

    La Responsabilité du fait des produits en France et en Europe

    Dunod, coll. « Fonctions de l'entreprise », 213 p.

  4. 2011

    Karachi : L'enquête impossible

    Calmann-Lévy, coll. « Documents, Actualités, Société », 240 p.

  5. 2017

    Chaque jour compte, 150 jours à Matignon

    Stock.

  6. 2019

    À l'épreuve de la violence : Beauvau 2014-2015

    Stock.

  7. 2022

    Le sens de notre Nation

    entretiens avec François Bazin, Stock, coll. « Documents », 220 p.

  8. 2023

    Ma vie avec Mauriac

    Gallimard, coll. « Ma vie avec », 128 p.

  9. 2025

    Un chien parmi les loups

    Éditions de l'Observatoire, 250 p.

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Poignée de main lors d'un rassemblement en plein air