Ma démarche

Portrait de Bernard Cazeneuve

La France traverse une période d’épreuves. Les fractures sociales, territoriales et démocratiques se sont creusées. Beaucoup de nos concitoyens doutent de la capacité de la République à tenir ses promesses : l’égalité, la fraternité, la liberté.

La France possède pourtant des atouts immenses : la richesse de son histoire et de sa culture, des salariés et des entrepreneurs inventifs, une géographie et une position exceptionnelles. Ma démarche s’adresse à toutes celles et tous ceux qui font vivre la République au quotidien. Elle s’adresse aussi à toutes les Françaises et tous les Français qui souhaitent retrouver le sens du commun et une ambition partagée pour faire la France ensemble ! Trois engagements viennent donner corps à cette démarche.

01

Rassembler

Rassembler, c'est ouvrir un chemin commun à toutes celles et ceux qui refusent la résignation comme l'outrance. C'est parler à la jeunesse de Roubaix, de Mantes-la-Jolie ou des campus de Rennes, qui doute parfois que la promesse républicaine soit encore tenue, mais qui veut prendre sa part dans l'avenir du pays. C'est entendre les femmes des ateliers de la vallée de l'Arve qui demandent l'égalité réelle, la protection, le respect, la liberté de vivre sans peur. C'est reconnaître la place des anciens, ceux des fermes du Morvan comme des hauts de La Réunion, qui ont travaillé, transmis, construit, et qui ne doivent jamais avoir le sentiment d'être laissés au bord du chemin. Rassembler, c'est s'adresser à toutes les familles, à tous les territoires - des vignobles d'Alsace aux mangroves de Guyane - à celles et ceux qui croient, comme à celles et ceux qui ne croient pas ; à tous les Français, quelles que soient leur origine, leur confession, leur orientation, leur parcours ou leur condition. C'est affirmer que l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pas une option mais une exigence républicaine, et que les violences faites aux femmes, les discriminations fondées sur l'origine, la religion, le handicap ou l'orientation sexuelle sont des atteintes à la dignité que la République ne peut tolérer. C'est dire à chacun qu'il a sa place dans la République, dès lors qu'il en partage les principes - et que la République, en retour, lui doit une protection réelle, pas seulement proclamée. La France n'a pas besoin qu'on l'oppose à elle-même. Elle a besoin qu'on lui redonne confiance. Rassembler, ce n'est pas effacer les différences ; c'est faire en sorte qu'elles ne deviennent jamais des fractures, ni entre la métropole et les outre-mer, ni entre les métropoles et les campagnes, ni entre les centres-villes et les périphéries. C'est retrouver le sens du commun, le goût du respect, la tranquillité sereine d'un projet qui protège, qui répare et qui prépare l'avenir.

02

Reconstruire

Reconstruire, c'est restaurer l'autorité républicaine, le sérieux de l'État et la confiance dans la parole publique. Je crois profondément que c'est l'État qui a fait la France. Non pas un État lointain, froid ou bureaucratique, mais un État qui protège, qui instruit, qui soigne, qui garantit l'égalité devant la loi, qui aménage les territoires, qui tient la promesse républicaine aussi bien sur le plateau de Millevaches que dans les quartiers nord de Marseille, dans le bocage normand comme dans les plaines de la Beauce, à Mamoudzou comme dans l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Reconstruire, c'est d'abord reconstruire une école abîmée. Il y a vingt-cinq ans, la France était au 7e rang mondial en mathématiques. Elle est aujourd'hui au 20e. Ce déclassement n'est pas une statistique : c'est une promesse républicaine non tenue. L'école de Jules Ferry était un ascenseur social. Elle est devenue, trop souvent, une machine à reproduire les inégalités. Il faut une exigence retrouvée, envers les programmes, envers les maîtres, envers chaque élève quel que soit son milieu. Reconstruire, c'est rétablir la santé de nos finances publiques. Plus de 1 200 milliards de dette supplémentaire en quelques années : c'est la marge de manœuvre que nous n'aurons plus pour nos hôpitaux, nos écoles, notre défense. Faire peser sur nos enfants le coût de nos propres choix, ce n'est pas gouverner. C'est abdiquer. Reconstruire, c'est aussi reconstruire notre système de santé : mettre fin à la désertification médicale, redonner aux soignants les conditions d'exercer sans s'épuiser. Un pays où l'on soigne différemment selon que l'on vit à Paris ou dans une commune rurale n'est pas une République égale. Reconstruire notre appareil productif et notre agriculture, enfin, c'est refuser que la France soit la variable d'ajustement d'une mondialisation sans règles. Nos agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail. Nos territoires industriels ne peuvent continuer à se vider. C'est une question de souveraineté autant que de justice.

03

Dialoguer

Dialoguer, c'est engager la démarche par l'écoute des maires, des élus locaux et de tous ceux qui font vivre la République au plus près des Français. Je veux commencer par eux parce qu'ils sont souvent les premiers recours et les derniers remparts. Les maires des petites communes de l'Ariège comme ceux des villages de Corse, ceux des grandes villes portuaires comme Saint-Nazaire, Fort-de-France ou Marseille, de l'assemblée territoriale de Polynésie française, des communes de Nouvelle-Calédonie ou de Wallis-et-Futuna, les conseillers municipaux, départementaux, régionaux et parlementaires, sont trop souvent exposés aux menaces, aux insultes, au dénigrement, parfois à la violence. Ils tiennent pourtant, chaque jour, le fil de la confiance démocratique. Je crois à la représentation. Je ne crois pas à la verticalité qui prétend décider de tout depuis le sommet, sans écouter ceux qui agissent, ceux qui alertent, ceux qui savent. Une démocratie vivante ne se résume pas à des injonctions descendantes. Elle suppose des corps intermédiaires respectés, des élus écoutés, des syndicats considérés, des associations reconnues, des partis politiques capables de débattre et de construire. Je veux aussi m'adresser directement à vous : jeunes ou moins jeunes, entrepreneurs qui inventez, créez, prenez des risques ; Françaises et Français qui traversez la difficulté, la précarité, le handicap, l'isolement ; habitants de l'Hexagone, des outre-mer, Français établis à l'étranger. Chacun doit pouvoir trouver sa place dans cette conversation nationale. La France ne se reconstruira pas par le mépris, ni par le face-à-face brutal entre un pouvoir solitaire et un peuple sommé d'adhérer ou de se taire. Elle se reconstruira par le respect, par l'écoute, par la confrontation loyale des idées.

Un projet pour notre pays

Que sera la France dans vingt ans, non pas celle des projections économiques ou des scénarios géopolitiques, mais celle, concrète, qui se joue dans nos vies ? Cette France que nous aimons et pour laquelle nous serions prêts, en tant que peuple, à consentir tous les sacrifices, que nous donnera-t-elle à voir ?

Ces dernières années, ces derniers mois, je vous ai écoutés ; je vais continuer. Je vais aussi vous parler, vous écrire. Pour vous partager non la litanie des problèmes que nous traversons, mais mes propositions pour en sortir. Je le ferai ici et partout, dès à présent et pendant les mois à venir.

Venez à ma rencontre, contribuez au projet pour la France ensemble !